Mit…… écrit:
(Il s'agit d'un mail reçu, non signé, anonyme. A priori, il s'agit d'une femme, mais sait-on jamais; il est toujours possible de prendre une fausse identité afin de justifier ses théories et faire sa promotion littéraire)
Bonjour,
Votre questionnaire sur la durée des rapports sexuels ne me parait absolument pas pertinent:
Vous laissez supposer qu'un rapport sexuel c'est uniquement la pénétration. Donc quand je me masturbe, ou quand mon compagnon me donne du plaisir à partir du clitoris, je n'ai pas de rapport sexuel !
Avant de parler d'orgasme vaginal, il faudrait d'abord s'assurer que les femmes accèdent bien au véritable orgasme clitoridien .
Témoignage : de 18 à 33 ans, pendant 15 ans de vie sexuelle intense, je n'ai connu que l'orgasme vaginal !simultané de surcroit ! je pensais que l'orgasme était cette sensation très profonde sur le col de l'utérus au moment de l'éjaculation du partenaire, au moment du pic de l'érection masculine, créant ainsi une fusion émotionnelle avec mon compagnon. Quand à 33 ans j'ai découvert l'orgasme à point de départ clitoridien, le ciel m'est tombé sur la tête(c'est le cas de le dire). Je ne soupçonnais pas une seconde que le clitoris pouvait amener à ça .Jusqu'à ce jour, mon clitoris étant tellement réactif, à la moindre caresse, j'avais compulsivement besoin d'être pénétrée, ce que mes compagnons acceptaient de bonne grâce! et je n'avais pas l'occasion de découvrir ce qui pouvait arriver si on insistait un peu ( cela concernait également toutes mes pratiques masturbatoires.)...je me suis alors trouvée con, niaise et peu créative!
Mais, j'ai beaucoup communiqué avec mes amies depuis cette découverte, et j'ai constaté qu'elles ne connaissaient pas ce dont je leur parlais et à cause du malaise qu'elles manifestaient, j'ai vite cessé d'en parler. Tout cela a duré 25 ans, jusqu'à réaliser que la sexologie toute entière continuait à faire perdurer la méconnaissance que les femmes ont de leur corps et de leur plaisir en survalorisant l'orgasme vaginal.
Il n'y a pas à avoir peur de dire que l'orgasme féminin est à point de départ clitoridien car cet orgasme , stade ultime des préliminaires, appelle compulsivement la pénétration "ouf on va quand même avoir envie de faire des enfants".
Le plaisir vaginal est beaucoup plus de l'ordre de l'émotionnel et du sensuel et c'est un + par rapport à l'orgasme réel.
L'orgasme féminin lui, est plutôt de l'ordre d'une décharge physiologique, d'un arc réflexe orgasmique lié à l'expiration et à la bascule du bassin , de l'ordre du spirituel, du métaphysique. Mais là, c'est le clitoris et lui seul qui en est responsable (même si certaines personnes en se focalisant sur leur périnée, leur urètre et leur respiration y parviennent) Cet orgasme n'est pas forcément une fin de rapport sexuel mais une ouverture à l'autre, à la pénétration, au plaisir vaginal.
Au passage,dans la série Ya qu'à : Quand les femmes sauront se procurer cet orgasme quand elles veulent et en moins de 2 minutes si elles veulent, il n'y aura plus d'éjaculateur prématuré. La femme saura s'adapter à son partenaire. ..et plus besoin de sexologues!.... Au lieu de se focaliser sur le temps que peut tenir un homme avant d'éjaculer, n'est-il pas plus facile de s'adonner à un jeu de caresses ? qui finit certes par la pénétration et l'éjaculation pour l'homme, mais qui passe par l'orgasme féminin. Bingo!
Elisa Brune dans son livre: Alors heureuse... croient-ils! me parait être un coup de gueule intéressant pour la sexologie et le questionnaire qu'elle propose sur son site peut faire avancer les idées. Il me semble urgent pour les femmes qu'elles acceptent de se masturber, de se connaitre si on veut améliorer la sexualité et, malgré toutes les infos auxquelles elles ont accès, il ne semble pas que les jeunes filles s'y adonnent !...sic! un sondage que je viens d'effectuer auprès de 300 ados!
Se donner un orgasme est bien différent de se stimuler clitoridiennement comme semble le faire la majorité des femmes. Surfer véritablement sur la contraction orgasmique ? l'importance de la respiration ? A quand une étude scientifique là dessus ?
Quand on a accès à cela, l'inhibition du désir sexuel ne me semble plus d'actualité, même quand il y a des problèmes relationnels dans le couple.
Réponse à Mit…… dont l'adresse mail ne fonctionne pas pour lui répondre personnellement.
Bonjour,
Je ne mettrais certainement pas en doute votre point de vue qui a ses raisons. L'enquête en question s'intéresse à la rapidité de l'éjaculation et non à la femme. Par ailleurs sachez que beaucoup d'hommes éprouvent un plaisir physique plus important lors de la masturbation que lors des rapports sexuels!
Mais je vais laisser parler une jeune femme Roxanne , 25 ans, qui vous donnera son avis, manifestement très différent du vôtre:
"Il me semble en effet que mon expérience est assez différente de ce que vous décrivez. J'ai découvert l'orgasme clitoridien vers l'âge de 16 ans, par la masturbation. Il ne s'agissait pas d'une simple stimulation mais bien d'un orgasme, très fort et absolument décomplexé. La pratique s'est étendue par la suite avec mes différents partenaires, sous la forme de préliminaires ou après la pénétration: de longues caresses très agréables dont l'aboutissement était un orgasme. Ce qui ne m'a pourtant nullement conduite à me réprimer lorsqu'il me prenait l'envie de me masturber. Cependant, il se trouve que j'éprouvais justement un sentiment d'insatisfaction à constater que le plaisir que j'éprouvais lors de la pénétration ne se concluait pas par un autre orgasme, vaginal celui-là. Il me manquait à la fois cette sensation fusionnelle (de l'ordre sentimental), et physique, car j'étais un peu jalouse du plaisir de mon partenaire lors de son éjaculation. Par la suite, j'ai découvert cet orgasme avec un autre homme. Une explosion de plaisir considérablement plus longue et plus forte qu'un orgasme clitoridien. Je n'ai pas eu besoin de me concentrer particulièrement sur une quelconque respiration, ni de provoquer une quelconque contraction je ne sais où. Il m'a simplement fallu le temps de m'installer dans le plaisir de la pénétration et de me laisser porter. Au départ, ce temps était d'une vingtaine de minutes, il peut être plus court aujourd'hui, de l'ordre de 5 à 10 minutes, tout dépend du degré d'excitation. Pour moi, il est évident que le temps de la pénétration est primordial, j'ai besoin d'avoir suffisamment confiance en mon partenaire pour me laisser aller à ce plaisir et à l'orgasme. Si je suppose qu'il risque de "me lâcher en route", je suis tendue et je ne peux pas m'abandonner suffisamment.
Je connais parfaitement les deux orgasmes aujourd'hui. Il me semble qu'il n'y a aucune comparaison possible, et pas uniquement d'un point de vue relationnel et affectif, également d'un point de vue physique."
Roxanne.
Vous avez sans aucun doute raison toutes les deux et si vous le souhaitez; il est possible d'en expliquer les raisons: comment et pourquoi certaines femmes comme vous valorisent l'orgasme à point de départ clitoridien et d'autres comme Roxanne, le vaginal profond. Il ne faut jamais perdre de vue que nous ne sommes pas des rats de laboratoires et que c'est notre esprit qui gouverne notre corps. à suivre donc…… Dr A.H.
