lundi 26 octobre 2009

A PLEINES DENTS……


Sur Internet, il existe un groupe de femmes auto-autoproclamées Cougars. Depuis peu, il paraît que le terme fait recette. Plus c’est mystérieux, n’est-ce pas, plus ça a l’air intelligent. Certaines féministes adorent, et la presse aussi. Un Concept est né…
Cougars signifie « pumas » en anglais. S’arrêter là serait bien dommage, parce qu’on passerait à côté du plus beau. « Cougars », l’authentique concept sociologique, inventé de toutes pièces par des gens qui pensent que leur comportement est suffisamment intéressant pour créer un modèle et lui donner un nom. D’où, une nouvelle définition pour Le Robert : Cougars, nom féminin pluriel, signifie : « femmes libérées ayant dépassé la trentaine, couchant avec des petits jeunes, et c’est tant mieux parce que les mecs le font bien. »
Des femmes mûres qui couchent avec de jeunes hommes, on me susurrera que l’idée n’est pas neuve. La différence, c’est qu’aujourd’hui elles ont un nom et fondent une nouvelle catégorie sexuelle. L’ancienne liaison particulière de Marguerite X, avec le garçon boucher, est devenue l’affirmation d’une authentique tendance sexuelle, quasi révolutionnaire.


Très bien. Mais j’estime que la règle devrait s’appliquer à tout le monde. Qu’en est-il des hommes qui mangent du Reblochon au petit déjeuner ? A mon avis, ils méritent aussi leur groupe sociologique.

Je me demande d’ailleurs si la fraternité du Reblochon ne serait pas plus pertinente que la groupalité des Cougars. Au fond, le concept serait moins gênant s’il était intelligent. Seulement on oublie un peu vite que, non, les femmes n’ont pas de pénis. Pas plus que les hormones qui vont avec. Alors, non, les femmes ne vivent pas que de plaisir et de pouvoir, désolé. D’ailleurs, est-ce que Demie Moore, reine des Cougars, n’a pas épousé son Ashton Kutcher, soi-disant « toy boy » de la dame ? Hé si. Parce que le sexe sans la relation, cela devient vite très pauvre pour une femme (mais pas qu’elles !)

 D’autant plus qu’il reste un petit détail, en passant, qu’on oublie parfois de mentionner. Les actrices, ambassadrices du mouvement, n’assument pas franchement leur âge. Le vrai, pas celui de leur première rhinoplastie. Au bras d’un « vingtenaire », elles ont un tout petit espoir que quelqu’un, dans la foule, se demandera : « mais quel âge a-t-elle déjà ? 25 ? » 

dimanche 11 octobre 2009

JE SOUFFRE DE CANDÉLISME!





L’autre jour, un couple se présente pour la première fois dans mon cabinet. Tous deux ont une cinquantaine d’années, mais ils sont ensemble depuis peu de temps.. La raison de leur présence? Monsieur est insatisfait de madame. Installé en face de moi, il me jauge un peu et m’annonce: « Je souffre de candélisme. Vous ne savez pas de quoi il s’agit? Comme les autres médecins, bien sûr...» Voyez-vous ça. Un authentique symptôme, tout-à-fait sérieux, mais absolument inconnu de la Faculté. Manifestement, monsieur avait pris soin de se renseigner sur Internet pour transformer un simple fantasme en un trait de sa personnalité, la rendant d’autant plus complexe et intéressante à ses propres yeux. 
De fait, il ne se faisait pas beaucoup d’illusions sur ma capacité à comprendre les immenses subtilités de sa psychologie, médecin stupide et borné que je devais être.
Il m’explique donc avec mansuétude que le candélisme consiste à prendre du plaisir en regardant sa femme faire l’amour avec un autre homme. Je tente de lui expliquer: «C’est un fantasme». « Non, pas du tout » me dit-il. Et il me démontre qu’il a des besoins naturels, et qu’il doit donc les satisfaire. Reflexions faites le concept du candélisme se retrouve plus volontiers sur les sites porno et les forums échangistes que dans les questions de psychologie et de sexologies. Mais pour le moment, il était là, et il fallait bien l’écouter...
L’ennui, pour ce pauvre homme, venait de la réticence de sa femme. Elle s’était déjà prêtée quelques fois, de bonne grâce, à ce jeu, mais il en voulait toujours plus. «Il voudrait qu’on participe toutes les semaines à des soirées...» se plaignait-elle. Amoureuse de son mari, elle souhaitait lui faire plaisir. Mais ne partageant pas totalement ses « besoins», elle en avait un peu marre.
Pure mauvaise volonté, pour ce dernier. « Si, tu prenais du plaisir, je m’en rappelle très bien! » lui assenait-il, comme si elle cherchait à le nier juste pour le contrarier. En somme, il était là uniquement pour que je puisse convaincre sa femme d’obtempérer. Il était bien sûr hors de question pour moi, évidemment, de suggérer à une femme de se forcer à des pratiques sexuelles dont elle n’avait plus envie. Je me suis donc contenté d’expliquer à chacun que le sexe est une chose que l’on partage. Un don de soi réciproque, et non l’imposition tyrannique des désirs de quelqu’un qui, par un système de raisonnements pervers, cherche à prouver à sa compagne qu’il s’agit d’un droit. Je serais sorti de mon rôle, en lui conseillant de trouver un autre homme, mais ça vaudrait peut-être mieux pour elle.

dimanche 4 octobre 2009

SECRET D'ALCÔVE!!!!


Chaque mois, une nouvelle ribambelle de magazines féminins. Les tendances de la modes (jupe ou pantalon en cuir?), de la beauté (poudre minérale ou auto-bronzant?), et surtout, merveille, de fabuleux conseils sexologiques (« Apprenez à vous servir de votre clito », « Comment booster son énergie sexuelle»), and so on... 
Je m’amuse de plus en plus à les feuilleter, parce que j’ai découvert il y a peu l’origine de cette énorme quantité de stupidités. De nombreuses femmes lisent ces publications, pensant y trouver des conseils pour leur couple et leur vie sexuelle. Malheureusement, elles ne savent pas à qui elles font confiance. 
En fait, même leur hamster serait plus qualifié pour les conseiller.
Une de mes amies a travaillé quelque temps dans un de ces magazines. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est tombée de très haut. Adieu images d’Epinal et splendides créatures aériennes, subtilement initiées à la beauté et aux secrets du sexe! 
«Elles sont moches. » Voilà la première chose que m’a rapportée cette amie (jugement un peu cruel, certes, mais ça sortait du coeur). Il faut se rendre à l’évidence: les auteurs des régimes draconiens, et autres rituels de beauté épuisants, ne portent pas sur elles les résultats de leurs prescriptions.
Pour le sexe? La même chose. A l’heure du déjeuner, les auteurs, chargées de décortiquer l’extase sexuelle, se regroupent par petites grappes inquiètes, autour d’une salade de concombre. Elles chuchotent, soupirent: toutes ont leur triste anecdote de couple à se raconter. « Elles sont infoutues de garder un mec et n’ont pas la moindre idée de comment s’y prendre », m’a rapporté cette amie. Les cordonniers, n’est-ce pas, sont toujours les plus mal chaussés. Tout au long de la journée, elles se gavent de chocolat (le concombre, ça ne vous nourrit pas une journaliste-sexo/beauté), et s’abreuvent des bouquins de mauvais sexologues qu’elles reçoivent à longueur de journée. Ces derniers n’hésitent pas, d’ailleurs, à leur envoyer aussi quelques courrier, histoire de rappeler qu’ils ont une notoriété à entretenir. Question déontologie, on repassera. 
Cela donne de forts intéressantes discussions sur la puissance ou non du «modèle de la maman et de la putain», sur le mérite de théories toutes plus fumeuses et contradictoires les unes que les autres. Au final, imaginez la journaliste-sexo: i-pod sur les oreilles, complètement paumée devant son ordinateur, elle finit par s’en remettre à l’expérience de ses copines, qui elles n’ont plus n’ont rien compris. 


En conclusion de son expérience, mon amie m’a dit: « C’est comme si moi, qui ne fait aucune différence entre une Ferrari et une Twingo, j’étais journaliste à Auto Plus. »