mardi 15 décembre 2009

A CONSOMMER AVEC MODÉRATION


Les femmes gagneraient à boire du vin rouge. Parce que ça leur donne les fesses roses ? Non. Parce que c’est plus facile d’attirer une femme éméchée dans son lit ? Presque. Une étude, parue dans le Journal of sexual medecine, nous informe que boire 2 verres de vin rouge par jour augmenterait fabuleusement le désir féminin.
Nos très sérieux chercheurs ont effectué leurs études sur une population des plus austères, je vous le donne en mille, des Italiennes. A peu près 800 Toscanes (réputées pour leur frigidité, n’est-ce pas)…
Et de disserter en anglais sur les propriétés vasodilatatrices de telle ou telle molécule, particulièrement présente dans le vin rouge (parce que la même chose au Martini blanc vous conduirait directement à la case alcoolisme), de s’interroger sur une enzyme, une protéine… Tout ça pour admettre piteusement qu’ils n’ont proprement rien compris à leur découverte. Le vin stimule la circulation du sang, mais ça, on le savait déjà. Le sang gonfle le clitoris, ok. Pour le reste « les mécanismes sexuels féminins restent en grande partie obscurs »


Après une minute de silence et de compassion pour les épouses de nos chercheurs, laissons parler le bon sens populaire. Pour une fois, et pour une fois seulement, il va servir à quelque chose. Le vin rouge, c’est la boisson que l’on sirote en terrasse. Devant un plat de pâtes au pesto, al dente, le soleil tiède se couchant sur un paysage méditerranéen, de Toscane, justement. Autrement dit, c’est la sensualité. La liqueur des épicuriens.
Une femme qui boit un verre de vin par jour, c’est une femme qui se fait plaisir, qui accorde du temps à ce qui est bon, ce qui est beau. Elle est détendue, son esprit et son corps plus disponibles à d’autres formes de sensualité… Bref, le verre de vin, c’est un état d’esprit. Quant au clitoris, on aura beau le gonfler avec trois litres de sang, si la femme est stressée, pressée, fatiguée, il ne se passera rien. Un point c’est tout.

jeudi 26 novembre 2009

LE PORNO AU FÉMININ


Il était une fois un fabuleux outil qui nous inondait de ses lumières cosmiques et bienfaisantes. Internet, je veux dire. Malheureusement, ce bonheur radieux fait une victime : l’industrie du film pornographique.  Le DVD ne se vend plus, le contenu pornographique se répand librement  sur le web, et le secteur plonge. Vision cauchemardesque : Irina-au-tétons géants et Dave-le-bien-membré pointent au Pôle Emploi.
Heureusement que les têtes pensantes de l’industrie ont conçu cette invention formidable qu’est « le porno féminin ». Le concept ? Créer des films pornographiques, mais sous la caution de femmes qui vous assurent que l’ambiance y est infiniment travaillée, le plaisir authentique, et les scénarios dignes d’un Ang Lee. Bref, tout ce qui manquait aux femmes. Membres de la gente féminine : vous ne serez plus jamais exclues des joies de la masturbation canapé-vidéo-mouchoirs en papier !
Après visionnage, on constate qu’il s’agit d’abord… de porno. Sauf que, cette fois, les actrices sont moins blondes et moins chirurgicalement aidées. Ainsi, au lieu de « jeune salope suce un gros mâle dans une partie à trois », on aura « Ginette se caresse délicatement le clitoris avec l’aide de Corinne, dans l’ambiance feutrée de sa cuisine. » La différence est massive, n’est-ce pas ? Elle découle directement de la charte du film porno féminin : les femmes doivent se reconnaître. C’est crucial. Parce que les hommes, lorsqu’ils regardent des séquences porno, se reconnaissent tous en Jesus, le beau Portoricain musclé et monté comme un cheval de concours.
Rien n’est plus dommage que de rester bête devant le progrès. Le laisser passer à sa porter, comme une vache regarde filer un train. Devant cette belle innovation, essentielle au développement personnel de la femme, des actrices et des célébrités ont choisi de rejoindre le mouvement. Arielle Dombasle, par exemple. Et ça tombe bien, parce que justement les femmes s’identifient énormément à Arielle Dombasle. La compagne éthérée de BHL, celle qui déclara un jour être une femme soumise et consacre la totalité de son énergie à… plaire à BHL. (appel à témoin : en dehors de cette activité, quelqu’un sait-il ce qu’elle fait dans la vie ?) Il faut avouer qu’à force de s’adonner exclusivement à cet épanouissant destin, l’imagination doit commencer à lui manquer. Ou bien cela a-t-il un rapport avec la peur de vieillir ?


En tout cas, je tiens à citer un article du Post qui résume formidablement bien ma pensée :




« vous transformez d’un bon coup de « communication » une entreprise parfaitement putassière en ode au féminisme et à la libération des clitoris. (…) On peut difficilement faire mieux en terme de clichés, l’esthétique kitch et le plaisir féminin authentique étant les deux tartes à la crème préférées des producteurs de porno depuis la commercialisation légale du genre dans les années 70. »

lundi 26 octobre 2009

A PLEINES DENTS……


Sur Internet, il existe un groupe de femmes auto-autoproclamées Cougars. Depuis peu, il paraît que le terme fait recette. Plus c’est mystérieux, n’est-ce pas, plus ça a l’air intelligent. Certaines féministes adorent, et la presse aussi. Un Concept est né…
Cougars signifie « pumas » en anglais. S’arrêter là serait bien dommage, parce qu’on passerait à côté du plus beau. « Cougars », l’authentique concept sociologique, inventé de toutes pièces par des gens qui pensent que leur comportement est suffisamment intéressant pour créer un modèle et lui donner un nom. D’où, une nouvelle définition pour Le Robert : Cougars, nom féminin pluriel, signifie : « femmes libérées ayant dépassé la trentaine, couchant avec des petits jeunes, et c’est tant mieux parce que les mecs le font bien. »
Des femmes mûres qui couchent avec de jeunes hommes, on me susurrera que l’idée n’est pas neuve. La différence, c’est qu’aujourd’hui elles ont un nom et fondent une nouvelle catégorie sexuelle. L’ancienne liaison particulière de Marguerite X, avec le garçon boucher, est devenue l’affirmation d’une authentique tendance sexuelle, quasi révolutionnaire.


Très bien. Mais j’estime que la règle devrait s’appliquer à tout le monde. Qu’en est-il des hommes qui mangent du Reblochon au petit déjeuner ? A mon avis, ils méritent aussi leur groupe sociologique.

Je me demande d’ailleurs si la fraternité du Reblochon ne serait pas plus pertinente que la groupalité des Cougars. Au fond, le concept serait moins gênant s’il était intelligent. Seulement on oublie un peu vite que, non, les femmes n’ont pas de pénis. Pas plus que les hormones qui vont avec. Alors, non, les femmes ne vivent pas que de plaisir et de pouvoir, désolé. D’ailleurs, est-ce que Demie Moore, reine des Cougars, n’a pas épousé son Ashton Kutcher, soi-disant « toy boy » de la dame ? Hé si. Parce que le sexe sans la relation, cela devient vite très pauvre pour une femme (mais pas qu’elles !)

 D’autant plus qu’il reste un petit détail, en passant, qu’on oublie parfois de mentionner. Les actrices, ambassadrices du mouvement, n’assument pas franchement leur âge. Le vrai, pas celui de leur première rhinoplastie. Au bras d’un « vingtenaire », elles ont un tout petit espoir que quelqu’un, dans la foule, se demandera : « mais quel âge a-t-elle déjà ? 25 ? » 

dimanche 11 octobre 2009

JE SOUFFRE DE CANDÉLISME!





L’autre jour, un couple se présente pour la première fois dans mon cabinet. Tous deux ont une cinquantaine d’années, mais ils sont ensemble depuis peu de temps.. La raison de leur présence? Monsieur est insatisfait de madame. Installé en face de moi, il me jauge un peu et m’annonce: « Je souffre de candélisme. Vous ne savez pas de quoi il s’agit? Comme les autres médecins, bien sûr...» Voyez-vous ça. Un authentique symptôme, tout-à-fait sérieux, mais absolument inconnu de la Faculté. Manifestement, monsieur avait pris soin de se renseigner sur Internet pour transformer un simple fantasme en un trait de sa personnalité, la rendant d’autant plus complexe et intéressante à ses propres yeux. 
De fait, il ne se faisait pas beaucoup d’illusions sur ma capacité à comprendre les immenses subtilités de sa psychologie, médecin stupide et borné que je devais être.
Il m’explique donc avec mansuétude que le candélisme consiste à prendre du plaisir en regardant sa femme faire l’amour avec un autre homme. Je tente de lui expliquer: «C’est un fantasme». « Non, pas du tout » me dit-il. Et il me démontre qu’il a des besoins naturels, et qu’il doit donc les satisfaire. Reflexions faites le concept du candélisme se retrouve plus volontiers sur les sites porno et les forums échangistes que dans les questions de psychologie et de sexologies. Mais pour le moment, il était là, et il fallait bien l’écouter...
L’ennui, pour ce pauvre homme, venait de la réticence de sa femme. Elle s’était déjà prêtée quelques fois, de bonne grâce, à ce jeu, mais il en voulait toujours plus. «Il voudrait qu’on participe toutes les semaines à des soirées...» se plaignait-elle. Amoureuse de son mari, elle souhaitait lui faire plaisir. Mais ne partageant pas totalement ses « besoins», elle en avait un peu marre.
Pure mauvaise volonté, pour ce dernier. « Si, tu prenais du plaisir, je m’en rappelle très bien! » lui assenait-il, comme si elle cherchait à le nier juste pour le contrarier. En somme, il était là uniquement pour que je puisse convaincre sa femme d’obtempérer. Il était bien sûr hors de question pour moi, évidemment, de suggérer à une femme de se forcer à des pratiques sexuelles dont elle n’avait plus envie. Je me suis donc contenté d’expliquer à chacun que le sexe est une chose que l’on partage. Un don de soi réciproque, et non l’imposition tyrannique des désirs de quelqu’un qui, par un système de raisonnements pervers, cherche à prouver à sa compagne qu’il s’agit d’un droit. Je serais sorti de mon rôle, en lui conseillant de trouver un autre homme, mais ça vaudrait peut-être mieux pour elle.

dimanche 4 octobre 2009

SECRET D'ALCÔVE!!!!


Chaque mois, une nouvelle ribambelle de magazines féminins. Les tendances de la modes (jupe ou pantalon en cuir?), de la beauté (poudre minérale ou auto-bronzant?), et surtout, merveille, de fabuleux conseils sexologiques (« Apprenez à vous servir de votre clito », « Comment booster son énergie sexuelle»), and so on... 
Je m’amuse de plus en plus à les feuilleter, parce que j’ai découvert il y a peu l’origine de cette énorme quantité de stupidités. De nombreuses femmes lisent ces publications, pensant y trouver des conseils pour leur couple et leur vie sexuelle. Malheureusement, elles ne savent pas à qui elles font confiance. 
En fait, même leur hamster serait plus qualifié pour les conseiller.
Une de mes amies a travaillé quelque temps dans un de ces magazines. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est tombée de très haut. Adieu images d’Epinal et splendides créatures aériennes, subtilement initiées à la beauté et aux secrets du sexe! 
«Elles sont moches. » Voilà la première chose que m’a rapportée cette amie (jugement un peu cruel, certes, mais ça sortait du coeur). Il faut se rendre à l’évidence: les auteurs des régimes draconiens, et autres rituels de beauté épuisants, ne portent pas sur elles les résultats de leurs prescriptions.
Pour le sexe? La même chose. A l’heure du déjeuner, les auteurs, chargées de décortiquer l’extase sexuelle, se regroupent par petites grappes inquiètes, autour d’une salade de concombre. Elles chuchotent, soupirent: toutes ont leur triste anecdote de couple à se raconter. « Elles sont infoutues de garder un mec et n’ont pas la moindre idée de comment s’y prendre », m’a rapporté cette amie. Les cordonniers, n’est-ce pas, sont toujours les plus mal chaussés. Tout au long de la journée, elles se gavent de chocolat (le concombre, ça ne vous nourrit pas une journaliste-sexo/beauté), et s’abreuvent des bouquins de mauvais sexologues qu’elles reçoivent à longueur de journée. Ces derniers n’hésitent pas, d’ailleurs, à leur envoyer aussi quelques courrier, histoire de rappeler qu’ils ont une notoriété à entretenir. Question déontologie, on repassera. 
Cela donne de forts intéressantes discussions sur la puissance ou non du «modèle de la maman et de la putain», sur le mérite de théories toutes plus fumeuses et contradictoires les unes que les autres. Au final, imaginez la journaliste-sexo: i-pod sur les oreilles, complètement paumée devant son ordinateur, elle finit par s’en remettre à l’expérience de ses copines, qui elles n’ont plus n’ont rien compris. 


En conclusion de son expérience, mon amie m’a dit: « C’est comme si moi, qui ne fait aucune différence entre une Ferrari et une Twingo, j’étais journaliste à Auto Plus. » 

jeudi 27 août 2009

ORGASME FÉMININ: LA POLÉMIQUE


Mit…… écrit:
(Il s'agit d'un mail reçu, non signé, anonyme. A priori, il s'agit d'une femme, mais sait-on jamais; il est toujours possible de prendre une fausse identité afin de justifier ses théories et faire sa promotion littéraire)
Bonjour,
Votre questionnaire sur la durée des rapports sexuels ne me parait absolument pas pertinent:
Vous laissez supposer qu'un rapport sexuel c'est uniquement la pénétration. Donc quand je me masturbe, ou quand mon compagnon me donne du plaisir à partir du clitoris, je n'ai pas de rapport sexuel !
Avant de parler d'orgasme vaginal, il faudrait d'abord s'assurer que les femmes accèdent bien au véritable orgasme clitoridien .
Témoignage : de 18 à 33 ans, pendant 15 ans de vie sexuelle intense, je n'ai connu que l'orgasme vaginal !simultané de surcroit ! je pensais que l'orgasme était cette sensation très profonde sur le col de l'utérus au moment de l'éjaculation du partenaire, au moment du pic de l'érection masculine, créant ainsi une fusion émotionnelle avec mon compagnon. Quand à 33 ans j'ai découvert l'orgasme à point de départ clitoridien, le ciel m'est tombé sur la tête(c'est le cas de le dire). Je ne soupçonnais pas une seconde que le clitoris pouvait amener à ça .Jusqu'à ce jour, mon clitoris étant tellement réactif, à la moindre caresse, j'avais compulsivement besoin d'être pénétrée, ce que mes compagnons acceptaient de bonne grâce! et je n'avais pas l'occasion de découvrir ce qui pouvait arriver si on insistait un peu ( cela concernait également toutes mes pratiques masturbatoires.)...je me suis alors trouvée con, niaise et peu créative!
Mais, j'ai beaucoup communiqué avec mes amies depuis cette découverte, et j'ai constaté qu'elles ne connaissaient pas ce dont je leur parlais et à cause du malaise qu'elles manifestaient, j'ai vite cessé d'en parler. Tout cela a duré 25 ans, jusqu'à réaliser que la sexologie toute entière continuait à faire perdurer la méconnaissance que les femmes ont de leur corps et de leur plaisir en survalorisant l'orgasme vaginal.
Il n'y a pas à avoir peur de dire que l'orgasme féminin est à point de départ clitoridien car cet orgasme , stade ultime des préliminaires, appelle compulsivement la pénétration "ouf on va quand même avoir envie de faire des enfants".
Le plaisir vaginal est beaucoup plus de l'ordre de l'émotionnel et du sensuel et c'est un + par rapport à l'orgasme réel.
L'orgasme féminin lui, est plutôt de l'ordre d'une décharge physiologique, d'un arc réflexe orgasmique lié à l'expiration et à la bascule du bassin , de l'ordre du spirituel, du métaphysique. Mais là, c'est le clitoris et lui seul qui en est responsable (même si certaines personnes en se focalisant sur leur périnée, leur urètre et leur respiration y parviennent) Cet orgasme n'est pas forcément une fin de rapport sexuel mais une ouverture à l'autre, à la pénétration, au plaisir vaginal.
Au passage,dans la série Ya qu'à : Quand les femmes sauront se procurer cet orgasme quand elles veulent et en moins de 2 minutes si elles veulent, il n'y aura plus d'éjaculateur prématuré. La femme saura s'adapter à son partenaire. ..et plus besoin de sexologues!.... Au lieu de se focaliser sur le temps que peut tenir un homme avant d'éjaculer, n'est-il pas plus facile de s'adonner à un jeu de caresses ? qui finit certes par la pénétration et l'éjaculation pour l'homme, mais qui passe par l'orgasme féminin. Bingo!
Elisa Brune dans son livre: Alors heureuse... croient-ils! me parait être un coup de gueule intéressant pour la sexologie et le questionnaire qu'elle propose sur son site peut faire avancer les idées. Il me semble urgent pour les femmes qu'elles acceptent de se masturber, de se connaitre si on veut améliorer la sexualité et, malgré toutes les infos auxquelles elles ont accès, il ne semble pas que les jeunes filles s'y adonnent !...sic! un sondage que je viens d'effectuer auprès de 300 ados!
Se donner un orgasme est bien différent de se stimuler clitoridiennement comme semble le faire la majorité des femmes. Surfer véritablement sur la contraction orgasmique ? l'importance de la respiration ? A quand une étude scientifique là dessus ?
Quand on a accès à cela, l'inhibition du désir sexuel ne me semble plus d'actualité, même quand il y a des problèmes relationnels dans le couple.

Réponse à Mit…… dont l'adresse mail ne fonctionne pas pour lui répondre personnellement.

Bonjour,

Je ne mettrais certainement pas en doute votre point de vue qui a ses raisons. L'enquête en question s'intéresse à la rapidité de l'éjaculation et non à la femme. Par ailleurs sachez que beaucoup d'hommes éprouvent un plaisir physique plus important lors de la masturbation que lors des rapports sexuels!
Mais je vais laisser parler une jeune femme Roxanne , 25 ans, qui vous donnera son avis, manifestement très différent du vôtre:

"Il me semble en effet que mon expérience est assez différente de ce que vous décrivez. J'ai découvert l'orgasme clitoridien vers l'âge de 16 ans, par la masturbation. Il ne s'agissait pas d'une simple stimulation mais bien d'un orgasme, très fort et absolument décomplexé. La pratique s'est étendue par la suite avec mes différents partenaires, sous la forme de préliminaires ou après la pénétration: de longues caresses très agréables dont l'aboutissement était un orgasme. Ce qui ne m'a pourtant nullement conduite à me réprimer lorsqu'il me prenait l'envie de me masturber. Cependant, il se trouve que j'éprouvais justement un sentiment d'insatisfaction à constater que le plaisir que j'éprouvais lors de la pénétration ne se concluait pas par un autre orgasme, vaginal celui-là. Il me manquait à la fois cette sensation fusionnelle (de l'ordre sentimental), et physique, car j'étais un peu jalouse du plaisir de mon partenaire lors de son éjaculation. Par la suite, j'ai découvert cet orgasme avec un autre homme. Une explosion de plaisir considérablement plus longue et plus forte qu'un orgasme clitoridien. Je n'ai pas eu besoin de me concentrer particulièrement sur une quelconque respiration, ni de provoquer une quelconque contraction je ne sais où. Il m'a simplement fallu le temps de m'installer dans le plaisir de la pénétration et de me laisser porter. Au départ, ce temps était d'une vingtaine de minutes, il peut être plus court aujourd'hui, de l'ordre de 5 à 10 minutes, tout dépend du degré d'excitation. Pour moi, il est évident que le temps de la pénétration est primordial, j'ai besoin d'avoir suffisamment confiance en mon partenaire pour me laisser aller à ce plaisir et à l'orgasme. Si je suppose qu'il risque de "me lâcher en route", je suis tendue et je ne peux pas m'abandonner suffisamment.
Je connais parfaitement les deux orgasmes aujourd'hui. Il me semble qu'il n'y a aucune comparaison possible, et pas uniquement d'un point de vue relationnel et affectif, également d'un point de vue physique."
Roxanne.

Vous avez sans aucun doute raison toutes les deux et si vous le souhaitez; il est possible d'en expliquer les raisons: comment et pourquoi certaines femmes comme vous valorisent l'orgasme à point de départ clitoridien et d'autres comme Roxanne, le vaginal profond. Il ne faut jamais perdre de vue que nous ne sommes pas des rats de laboratoires et que c'est notre esprit qui gouverne notre corps. à suivre donc…… Dr A.H.

vendredi 7 août 2009

COURRIER DE CHRISTINE


Je fais appel à vous concernant quelques chose qui me ronge depuis de nombreuses années, un sujet sur lequel vous avez très bien répondu à ce jeune garçon qui pose le problème de la masturbation excessive.
Je cite votre réponse pour rappel :
"
Je comprends votre problème qui relève de l'addiction non pas à la masturbation mis à ses effets. Il faut savoir qu'il se produit au moment de l'éjaculation une sécrétion d'endorphines (morphine endogène fabriquée par le cerveau) responsable de cette sensation de détente et de bien être. Elle a des effets sédatifs et anxiolytiques passagers d'où le besoin de répéter l'opération afin d'obtenir l'effet recherché. Souvent ce mécanisme compulsif est en rapport avec un état anxio- dépressif plus ou moins important et/ou masqué. Le remède consiste donc à traiter la cause. En général en quelques jours on note une amélioration. Ce qui ne veut pas dire que l'on supprime toute pulsion bien naturelle à votre âge. Mais la vie devient un peu plus facile. Si vous avez d'autres questions n'hésitez pas."

J'ai 31 ans. Je suis "addicte" depuis mon plus jeune âge. Toujours le même processus : stress ou état angoissant, position assise devant une leçon, un choix à faire, un ordinateur, je ne peux pas contrôler mes petits muscles au niveau vaginal et hop, 2 solutions : soit zapper le sujet qui me met dans cette situation, soit me masturber sur ma chaise... parfois jusqu'à une dizaine de fois dans une même soirée par exemple pour arriver à finir ce que je dois faire.
Pas de problème quand c'est une activité non cérébrale et debout bien entendu....

Aujourd'hui je dois faire un choix professionnel important pour la rentrée étant au chômage actuellement. Et comme toujours je me pose la question de cette addiction.... Je vais faire le choix de la facilitée et du mouvement pour limiter les angoisses et ce problème en solo devant mon ordinateur... Ce problème guide donc ma vie, mes choix... Je dois rencontrer quelqu'un qui pourrait m'aider dans le cadre d'une prise en charge psy.

vendredi 17 juillet 2009

LE QUOTIDIEN D'UN SEXOLOGUE


Bonjour, mon amie et moi avons 23 ans et sommes ensemble depuis 1 an.
Ses précédentes expériences sexuelles lui ont laissée de mauvais souvenirs car elle avait mal, n'avait jamais éprouvé de plaisir et ses anciens compagnons ne la respectaient pas vraiment.
Quand nous nous sommes connus, à force de patience et de tendresse, j'ai réussi à lui donné du plaisir et enfin des orgasmes.
Cependant, voici les situations qui me troublent :

- elle a rarement envie de faire l'amour, alors que j'ai toujours eu un gros appétit sexuel. Je fais tout ce que je peux pour lui donner envie, mots doux,
caresses, baisers tendres, je m'habille comme elle aime et je suis même aller jusqu'à acheter du parfum avec des phéromones, mais rien de fonctionne...
Que faire?

- elle n'éprouve aucun plaisir clitoridien et ça peut aller jusqu'à la dégouter lorsque je lui fait un cunilinghus (chose que j'adore, ou plutôt adorais faire).
Y a-t-il un solution?

- lors de la pénétration vaginale, elle mouille difficilement et ne ressent du plaisir "qu'au fond" du vagin. Elle ne sent donc presque pas les doigts et nous
devons nous contenter de 2 positions (missionnaire et andromaque) pour qu'elle prenne du plaisir. Les autres positions la laisse de marbre, voir lui fond mal...
Comment expliquer cela et trouver une solution?

J'ai toujours eu un grand appétit sexuel, plusieurs fantasmes et je mettais toujours un peu de piquant dans mes relations sexuelles, mais avec elle, tout cela est impossible... Et à force d'être "recalé" par sa "non-envie" je suis frustré et je me surprends à avoir envie d'autres femmes (ex copines avec qui tout se passait à merveille).
J'avoue être complètement perdu, car je n'ai jamais rencontrer ce genre de situation. Je suis plutôt ouvert et essaie d'en discuter avec elle, mais elle ne se comprend pas elle même et ne sait pas quoi faire non plus. Je ne lui en veux pas le moins du monde, mais la situation devient pesante pour moi, car je suis "malheureux" sexuellement et que je ne pense pas pouvoir tenir toute une vie comme ça...

Je ne demande pas une solution miracle qu'on peut trouver chez n'importe quel pharmacien (ça serait trop simple ^^), mais un bout de piste pour au moins comprendre et faire évoluer la situation.
Thierry
RÉPONSE DONNÉE
Bonjour Thierry,
Votre Amie présente une inhibition du désir sexuel, situation malheureusement fréquente et banale. La douleur (petit vaginisme)et l'absence de lubrification sont en rapport avec une absence ou insuffisance d'excitation sexuelle. En fait l'organe sexuel essentiel est le cerveau: ce sont les représentations (non conscientes) du sexe et de la sexualité qui déterminent le comportement sexuel et plus particulièrement celui de la femme. Disons pour résumer que c'est le "sens" ou "l'absence de sens" de la sexualité qui déterminent le désir ou l'absence de désir. Au début d'une relation le "sens" est de plaire, de séduire, de ne pas perdre l'autre, de manifester son amour, etc… puis au bout de quelques semaines ou quelques mois, lorsque la relation s'installe, la fréquence des rapports commence à diminuer et s'ils ont lieu, c'est surtout pour faire plaisir car le sens initial a plus ou moins disparu et c'est souvent là que les problèmes surviennent sauf si un nouveau "sens" apparaît comme un désir d'enfant. Alors les rapports reprennent jusqu'au moment de la grossesse et parfois pendant la grossesse, mais pour d'autres raisons (hormonales et narcissiques). A la suite de l'accouchement, le désir disparaît (petite dépression du post-partum appelée encore baby-blues); les rapports sont de moins en moins fréquents et on retrouve la situation antérieure aggravée par la survenue d'une situation conflictuelle fréquente dans le couple. La fatigue et le manque de disponibilité n'arrangent pas les choses.
On voit que tout cela n'est pas très joyeux, mais ce schéma prévaut chez la plus part des femmes, sauf si un certain travail sexothérapeutique peut donner un nouveau "sens" au rapport sexuel. Il s'agit pour la femme, ce qui n'est pas naturel et spontané la plus part du temps, de faire de son sexe et de son vagin un véritable "instrument de communication"; c'est un peu comme si elle apprenait à exprimer ses sentiments, ses émotions à l'aide de son sexe. Ainsi lorsqu'elle a appris à le faire, il n'y a plus de problème de désir et de plaisir à condition bien sûr que son partenaire reste désirable et que persiste un minimum de sentiments amoureux.

jeudi 9 juillet 2009

PIGEON SUR CANAPÉ (suite)

Charlotte est revenu hier; ce sera sans doute sa dernière consultation. Elle a pu, en effet, avoir un rapport sexuel sans problème. Elle a réussi à introduire le sexe de son partenaire sans aucune douleur. Qui plus est, étant parfaitement détendue et confiante à la suite des séances d'auto-hypnose que je lui ai appris à réaliser, les caresses de son ami lui ont permis de vivre son premier orgasme clitoridien.
La thérapie n'a nécessité que cinq consultations, soit un peu plus d'un mois……
Comme quoi, il n'est besoin comme certains ou certaines le laissent entendre de mois ou d'années de thérapie!

vendredi 26 juin 2009

LES TROIS ORGASMES FÉMININS


Jusqu’à présent, la sexologie n’en évoquait que deux: l’orgasme clitoridien et l’orgasme vaginal. Un étude récente réalisée sous forme d’enquête auprès d’une centaine de femmes peut laisser supposer qu’il existe un troisième orgasme. En fait la terminologie est assez impropre car l’orgasme est unique mais l’intensité du plaisir et sa diffusion dans le corps de la femme est fonction de son point de départ. Il est donc plus précis de parler d’orgasme à point de départ clitoridien et à point de départ vaginal; mais c’est là qu’il y a problème si l’on peut dire. Isabelle connaît bien sûr les orgasmes à point de départ clitoridien qu’elle peut se procurer par la masturbation, mais elle a découvert un orgasme «vaginal» lors de la pénétration qu’elle ne peut obtenir que dans une seule position. «Mon partenaire doit me pénétrer par derrière (position dite en petites cuillères), car je dois serrer très fortement les cuisses pour jouir à tel point que j’en ai parfois mal dans les cuisses.» «Mon plaisir est tout à fait comparable à celui obtenu par la stimulation directe de mon clitoris: il est intense et ne touche que la sphère génitale; je le préfère néanmoins car il représente plus ce que j’attends de ma relation amoureuse, une véritable communion avec lui.»

Cet orgasme est provoqué par une stimulation plus ou moins indirecte des structures érectiles clitoridiennes internes.

Anaïs décrit à peu près la même chose sauf qu’elle a découvert un autre orgasme qui part du fond de son vagin et diffuse beaucoup plus dans le corps; il remonte dans le ventre, la poitrine et dans quelques rares cas provoque une perte transitoire de conscience. La littérature érotique appelle cela: «la petite mort». «Il est très souvent accompagné d’une sensation d’inondation vaginale brutale que je pense être une sorte d’éjaculation. Cela m’a gênée au départ surtout vis à vis de mon partenaire, mais celui-ci a su me rassurer et a trouvé cela au contraire très excitant……»

Anaïs poursuit et précise: «Je pensais connaître les deux orgasmes décrits par la sexologie, mais j’ai découvert également au cours de mes jeux sexuels un autre orgasme vaginal plus superficiel; je le ressens dans le premier tiers de mon vagin et il se rapproche beaucoup de celui que je peux ressentir lorsque je me masturbe.»


Nous pouvons affirmer qu’il peut exister trois points de départs de l’orgasme chez la femme: un externe: clitoridien, un moyen vaginal mais en fait clitoridien et un autre moins fréquent vaginal profond dont le point de départ semble être l’urètre.


À la suite de cette enquête, il apparaît que de nombreuses femmes connaissant les deux premiers aient tendance non pas à les confondre car la stimulation est différente, mais à ne pas différencier la jouissance ressentie. Cependant dans l’enquête 60% pensent que le ressenti de cet orgasme «vaginal» moyen augmentent leur désir sexuel surtout si la découverte est récente. On peut penser que c’est la dimension relationnelle qui en accroît le désir et non le plaisir ressenti, car avec le temps le désir sexuel diminue de la même façon pour les deux types d’orgasme clitoridien d’où une diminution de la fréquence des rapports sexuels qui va rapidement provoquer des situations conflictuelles dans le couple. Enfin selon la même étude, il ne semble pas que la femme qui ressent ce plaisir attache une grande importance au contrôle de l’éjaculation de son partenaire.

Par contre les femmes qui connaissent l’orgasme vaginal profond dont on peut évaluer le nombre à 25 à 30% (mais c’est difficile de l’affirmer) semblent dire que celui-ci ne peut être obtenu que si le partenaire possède le contrôle de la survenue de son éjaculation; en effet entre le moment de la pénétration et le moment de l’orgasme, il peut facilement s’écouler 15 à 30 minutes et que la jouissance ressentie plus diffuse, plus envahissante provoque une sensation de fusion à l’être aimé, incomparable. Le désir et le plaisir s’en trouvent à chaque fois renforcés et persistent beaucoup plus dans le temps tant que le partenaire reste aimé et désirable.

À la différence de l’homme plus pulsionnel dans sa nature où désir sexuel et jouissance sont relativement liés, le désir sexuel féminin est intimement relié à son désir fusionnel et va trouver son apothéose dans l’orgasme vaginal profond. Il ne faut pas cependant que cela fasse oublier, renier ou dénigrer les autres orgasmes qui ont aussi leur importance, mais sans doute pas la même valeur ou le même sens pour la femme sexuellement épanouie qui a su en découvrir le chemin.


vendredi 12 juin 2009

VOULOIR


Monsieur L.H. 40 ans, divorcé depuis 10 ans, une nouvelle amie vient consulter pour des troubles de l’érection depuis 3 ans avec une nette tendance à l’aggravation.

Si celles-ci débutent à peu près correctement, elles ne tiennent pas et ne permettent pas une pénétration.

Le désir est présent et l’éjaculation est possible, mais il ne constate plus d’érections le matin ou au cours de la nuit.

Sa santé est actuellement bonne avec une petite surcharge pondérale; s’il a interrompu son tabagisme, il y a 2 ans, celui-ci a existé pendant 23 ans. On note également un cholestérol un peu élevé.

Autre élément important: il présente une intolérance aux produits laitiers d’où une consommation importante de soja et de ses dérivés.

Sur le plan psychologique, il a une tendance à l’anxiété, aggravé par des difficultés relationnelles avec son ex-épouse et quelques problèmes dans son travail.

Les examens réalisés n’ont pas montré des artères sexuelles atteinte d’athérosclérose.

Quel est le diagnostic?

Dans l’état actuel des choses, s’il ne fume plus et si le taux de cholestérol est correct, nous pouvons éliminer une cause vasculaire; nous pouvons pas contre nous interroger sur une consommation excessive de soja: celui-ci contient des phyto-œstrogènes et nous savons que les œstrogènes, hormones féminines, peuvent provoquer chez l’homme des troubles de l’érection.

Quelque soit l’origine du trouble, la composante psychologique est toujours présente.

Une prescription de Viagra 50 a été réalisé et il lui a été conseillé de diminuer sa consommation de soja.

Au bout de 4 mois de traitement, il se sent mieux; il a pu avoir des rapports sexuels satisfaisants; ses érections matinales sont plus présentes.

La relation s’installant dans la durée, il opte pour le Cialis 5 à prise quotidienne, en remplacement du Viagra qui a l’avantage d’éliminer le caractère trop programmé des rapports.


ABSENCE DE LIBIDO


Madame T.H. 40 ans, vit en couple depuis 7 ans; elle a un enfant âgé à ce jour de 4 ans.

Elle vient consulter accompagnée de son compagnon pour une absence de désir sexuel.

«Je n’ai jamais été très portée sur la chose, mais depuis quelques années, cela s’aggrave et commence à poser des problèmes à mon couple. Michel est compréhensif, mais je peux comprendre qu’il attend autre chose de notre vie intime et je me sens coupable.» Il est bon de préciser qu’elle n’a jamais subi de traumatisme sexuel dans son enfance ou adolescence.

De fait la fréquence des rapports sexuels est faible: 3 à 4 par mois; ils sont assumés plus par marque d’affection ou devoir conjugal. «Ils ne sont plus douloureux depuis quelques temps comme cela était le cas depuis le début de nos rapports.» Une pénétration douloureuse est très évocatrice d’un vaginisme (contraction réflexe et involontaire de certains muscles du périnée).

«Après m’avoir sollicité et si je suis détendue et disponible, je peux accepter de faire l’amour pour lui faire plaisir et ressentir même une jouissance clitoridienne; mais je ne prends jamais d’initiative , ce qu’il me reproche d’ailleurs. Il a l’impression que je ne l’aime plus ce qui n’est pas le cas; j’éprouve toujours les mêmes sentiments pour lui. En fait je ne lui propose pas de petit câlin de peur que cela se termine par un rapport.» Elle ne souhaite pas, en effet, de pénétration car si celle-ci n’est plus douloureuse, elle ne lui provoque aucun effet et n’a aucun sens pour elle si ce n’est de satisfaire les désirs de son partenaire. Lors de l’acte sexuel, elle attend que cela se passe, l’esprit envahi par des pensées parasites comme, par exemple, les courses à faire faire le lendemain au supermarché . Au moment de sa jouissance, elle simule la même chose pour être sûr de ne pas avoir de questions indiscrètes.

«Je ne comprends pas pourquoi je suis comme cela, et je me sens anormale surtout lorsque je lis les magazines féminins. Je me sens si différentes des autres femmes!»


Lors de nos consultations, nous nous apercevons que cet absence de désir est très fréquent. cela ne veut pas dire que la femme n’a pas de désir pour son conjoint, mais qu’elle n’a simplement pas de désir sexuel; car la femme, être essentiellement cérébral ne ressent pratiquement pas de pulsion sexuelle comme c’est le cas pour l’homme. Lors d’une nouvelle relation, le désir sexuel n’est que l’expression d’un désir de séduire, de plaire, d’être reconnue; il peut être une offrande à l’être aimé comme la virginité autrefois. Plus tard, survient le désir de grossesse!

Tant que la femme n’a pas fait de son vagin un véritable instrument de communication, d’expression affective ou amoureuse comme on peut le faire de la main qui prend la main de l’être cher, elle ne peut ressentir ce désir et avoir la chance de ressentir ces plaisirs divins.

LE MONDE DE LA MALBAISE


En parler…Pour ne rien dire


On n’a jamais autant parlé de sexe, il y en a partout, les journaux, les films, la télé, le web…Cette débauche d’informations contribue à définir ce qui est « sexuellement normal » de ce qui ne l’est pas, on comprend alors que tous ces messages ne jouent aucun rôle en faveur de l’épanouissement, mais contribuent à nourrir angoisses, questions, incompréhension et frustration. L’utilitaire prend la place de l’utile, le « sexuellement correct » transmet surtout des idées fausses et des normes. Ce n’est pas en décrivant minutieusement ce qui se passe au cours d’un acte sexuel, qu’on en cerne la réalité individuelle, et encore moins celle des couples. On oublie que, pour faire l’amour, il faut être deux. Faire l’amour c’est une expérience de communication et non une sorte de masturbation à l’aide du corps de l’autre réduit à l’état d’objet. Bref, on aimerait bien de temps en temps qu’on nous prenne pour des êtres humains, complexes, pleins de contradictions, mais aussi animés à chaque instant de ce désir d’accomplissement dont la sexualité est la pièce maîtresse.

Des voix s’élèvent contre la malbouffe, serons dociles et passifs face à l’envahissement de la malbaise ?


VOUS AVEZ DIT SEXOLOGUE?

De fait, la sexologie est une discipline récente qui ne s’est structurée que depuis une dizaine d’années. Il existe deux types de sexologues: d’une part les médecins sexologues qui avant de se former à la sexologie ont fait au minimum 7 ans d’études de médecine et les psycho-sexologues diplômés en psychologie clinique.

Pour être sexologues reconnus, ils ont tous suivi une formation universitaire de 3 ans et sont titulaires d’un diplôme universitaire national pour les médecins et régional, mais bientôt national pour les non médecins.

Récemment, ce diplôme a été ouvert aux sages-femmes.

Même si un diplôme universitaire n’est pas une garantie absolue, il prévient un minimum des charlatans et autres pseudo-sexologues. Il faut donc mieux se renseigner auprès de son médecin ou de personnes de confiance et surtout ne pas se fier aux soi-disant thérapies et médicaments miracles vendus sur le net. Chaque personne étant différente, il n’existe pas de recette merveilleuse.

Si la sexologie s’occupe surtout de problèmes d’érection, d’éjaculation prématurée, d’insuffisance ou absence de désir et de plaisir, d’orgasme chez l’homme et la femme, elle s’intéresse aussi à tous les problèmes concernant le sexe et la sexualité aussi bien sur le plan physique, psychologique que relationnel, c-a-d le couple. L’obligation de résultats justifie, le plus souvent de traitements médicamenteux comme c’est souvent le cas dans les troubles de l’érection, de conseils ou de thérapies de courte durée. La psychanalyse, souvent longue et onéreuse, n’est pas, le plus souvent, adaptée à ces difficultés.

mardi 9 juin 2009

UN SEXOLOGUE EST-IL UN BON COUP?

Un sexologue est-il un bon coup? C’est ce qu’on pourrait penser et espérer!… Malheureusement et compte tenue de ce qui nous pouvons lire dans divers média, nous sommes tout à fait en droit d’en douter……Mais c’est un tabou et je vais me faire, sans doute, quelques ennemis.

Est-il possible d’évoquer le sexualité des sexologues et pourquoi en parler?

La sexologie est un domaine très particulier car par définition, elle parle de sexualité, domaine pour le moins subjectif, sensible à chacun! D’autant plus tabou qu’elle concerne ici la personne sensée savoir et soigner. Le sexologue qu’il soit médecin ou psychologue a aussi une sexualité qui quoiqu’il fasse influencera ses croyances et son discours; la neutralité n’existe pas dans ce domaine. Même dans le cadre de ce que nous nommons la médecine sexuelle où les causes organiques ou mécaniques semblent être dominantes, l’objectivité scientifique n’existe pas. Nous sommes sans aucun doute des êtres de raison mais nos représentations inconscientes, sous-jacentes sont toujours présentes. Etre de sens, la pensée abstraite n’existe pas. Cela veut dire que le sexologue projette toujours sa propre subjectivité. Ainsi la majorité des troubles sexuels ne peut être considéré comme un pathologie sur un plan médical mais plutôt comme une incompétence. On peut posséder un merveilleux instrument de musique sans être capable de savoir en jouer et d’être un bon musicien.

S’il existe des bases physiologiques à la sexualité, elles ont essentiellement pour finalité la reproduction et dans l’espèce humaine au développement d’une relation d’attachement entre la femelle et le mâle nécessaire à la survie de l’espèce!

L’érection et l’éjaculation rapides et faciles du jeune mâle étaient une nécessité à cette survie; le plaisir et l’orgasme qui s’ensuivent, gratifient l’acte et enlève toute agressivité. Quant à la femelle primitive, l’excitation provoquée par la stimulation clitoridienne a pour fonction de facilité une pénétration initialement peu agréable, voire douloureuse.

Il est ainsi étonnant de constater que ces mêmes fibres nerveuses chez une même personne soient capables de transmettre des informations douloureuses ou voluptueuses en fonction du contexte. L’analyse des mécanismes physiologiques n’est qu’une observation grossière d’un processus et ne recouvre absolument pas l’ensemble des processus mis en cause ou en action. L’organe sexuel essentiel est le cerveau «éduqué» au plaisir et à la jouissance. Cette éducation n’est pas le fruit d’un savoir mais plutôt d’une connaissance ou l’expérience de type initiatique est essentielle et fondamentale.

Le sexologue est donc lui aussi soumis à ses propres expériences qui influenceront son discours et bien sûr son attitude thérapeutique.

On peut se demander qu’elle est le vécu sexuel de certains sexologues qui affirment qu’une éjaculation n’est prématurée que lorsqu’elle survient en moins d’une minute à partir de la pénétration (nouvelle définition consensuelle de l’ISSM, international society of sexual médecine) ou bienque c’est un mécanisme non maîtrisable. Ne serions nous que des rats de laboratoires ou qu’une espèce de chimpanzé! Alors que certains hommes ont appris et ce depuis la nuit des temps (l’étreinte réservée) à maîtriser et à jouer avec la survenue de leur éjaculation et à en tirer un plaisir bien supérieur à celui donné par leur éjaculation. Ils sont sans aucun doute très précoce!!!

Que dire aussi de celles qui affirment que la jouissance vaginale n’existe pas, que la seule valable est la clitoridienne? Cette jouissance profonde que vivent certaines femmes ne serait que le résultat d’une stimulation indirecte du clitoris alors qu’elles ressentent un plaisir qui trouve sa naissance au niveau des profondeurs de leur vagin. Et que connaissant aussi l’orgasme clitoridien, elle savent parfaitement bien en faire la différence et l’apprécier bien différemment………car relationnel et non masturbatoire. N'ayant pas le mode d'emploi de leur propre sexualité, elles, mais il faut ajouter quelques "ils" en nient l'existence!

Pour autant, il ne s’agit pas de mépriser un plaisir clitoridien plus facilement accessible.

Ne pas connaître ne veut pas dire être anormale!

Il est étonnant de constater que certains sexologues nient ces vécus projetant ainsi leurs propres «incompétences» sur leurs patients. Ce qui est le plus grave et dramatique, c’est que certains considérés comme des experts véhiculent grâce à leur notoriété dans les médias leurs croyances les transformant en vérité scientifique. L’objectivité en sexologie comme dans d’autres domaines de la psychologie n’existe pas.

Existe-t-il un «bon» sexologue. Sans doute, mais ce ne peut être qu’un artiste car l’amour est un art comme l’a si bien écrit Ovide! Si la plus part d’entre nous, ne le sera jamais, on peut se contenter au moins d’être un bon artisan.