vendredi 26 juin 2009

LES TROIS ORGASMES FÉMININS


Jusqu’à présent, la sexologie n’en évoquait que deux: l’orgasme clitoridien et l’orgasme vaginal. Un étude récente réalisée sous forme d’enquête auprès d’une centaine de femmes peut laisser supposer qu’il existe un troisième orgasme. En fait la terminologie est assez impropre car l’orgasme est unique mais l’intensité du plaisir et sa diffusion dans le corps de la femme est fonction de son point de départ. Il est donc plus précis de parler d’orgasme à point de départ clitoridien et à point de départ vaginal; mais c’est là qu’il y a problème si l’on peut dire. Isabelle connaît bien sûr les orgasmes à point de départ clitoridien qu’elle peut se procurer par la masturbation, mais elle a découvert un orgasme «vaginal» lors de la pénétration qu’elle ne peut obtenir que dans une seule position. «Mon partenaire doit me pénétrer par derrière (position dite en petites cuillères), car je dois serrer très fortement les cuisses pour jouir à tel point que j’en ai parfois mal dans les cuisses.» «Mon plaisir est tout à fait comparable à celui obtenu par la stimulation directe de mon clitoris: il est intense et ne touche que la sphère génitale; je le préfère néanmoins car il représente plus ce que j’attends de ma relation amoureuse, une véritable communion avec lui.»

Cet orgasme est provoqué par une stimulation plus ou moins indirecte des structures érectiles clitoridiennes internes.

Anaïs décrit à peu près la même chose sauf qu’elle a découvert un autre orgasme qui part du fond de son vagin et diffuse beaucoup plus dans le corps; il remonte dans le ventre, la poitrine et dans quelques rares cas provoque une perte transitoire de conscience. La littérature érotique appelle cela: «la petite mort». «Il est très souvent accompagné d’une sensation d’inondation vaginale brutale que je pense être une sorte d’éjaculation. Cela m’a gênée au départ surtout vis à vis de mon partenaire, mais celui-ci a su me rassurer et a trouvé cela au contraire très excitant……»

Anaïs poursuit et précise: «Je pensais connaître les deux orgasmes décrits par la sexologie, mais j’ai découvert également au cours de mes jeux sexuels un autre orgasme vaginal plus superficiel; je le ressens dans le premier tiers de mon vagin et il se rapproche beaucoup de celui que je peux ressentir lorsque je me masturbe.»


Nous pouvons affirmer qu’il peut exister trois points de départs de l’orgasme chez la femme: un externe: clitoridien, un moyen vaginal mais en fait clitoridien et un autre moins fréquent vaginal profond dont le point de départ semble être l’urètre.


À la suite de cette enquête, il apparaît que de nombreuses femmes connaissant les deux premiers aient tendance non pas à les confondre car la stimulation est différente, mais à ne pas différencier la jouissance ressentie. Cependant dans l’enquête 60% pensent que le ressenti de cet orgasme «vaginal» moyen augmentent leur désir sexuel surtout si la découverte est récente. On peut penser que c’est la dimension relationnelle qui en accroît le désir et non le plaisir ressenti, car avec le temps le désir sexuel diminue de la même façon pour les deux types d’orgasme clitoridien d’où une diminution de la fréquence des rapports sexuels qui va rapidement provoquer des situations conflictuelles dans le couple. Enfin selon la même étude, il ne semble pas que la femme qui ressent ce plaisir attache une grande importance au contrôle de l’éjaculation de son partenaire.

Par contre les femmes qui connaissent l’orgasme vaginal profond dont on peut évaluer le nombre à 25 à 30% (mais c’est difficile de l’affirmer) semblent dire que celui-ci ne peut être obtenu que si le partenaire possède le contrôle de la survenue de son éjaculation; en effet entre le moment de la pénétration et le moment de l’orgasme, il peut facilement s’écouler 15 à 30 minutes et que la jouissance ressentie plus diffuse, plus envahissante provoque une sensation de fusion à l’être aimé, incomparable. Le désir et le plaisir s’en trouvent à chaque fois renforcés et persistent beaucoup plus dans le temps tant que le partenaire reste aimé et désirable.

À la différence de l’homme plus pulsionnel dans sa nature où désir sexuel et jouissance sont relativement liés, le désir sexuel féminin est intimement relié à son désir fusionnel et va trouver son apothéose dans l’orgasme vaginal profond. Il ne faut pas cependant que cela fasse oublier, renier ou dénigrer les autres orgasmes qui ont aussi leur importance, mais sans doute pas la même valeur ou le même sens pour la femme sexuellement épanouie qui a su en découvrir le chemin.


vendredi 12 juin 2009

VOULOIR


Monsieur L.H. 40 ans, divorcé depuis 10 ans, une nouvelle amie vient consulter pour des troubles de l’érection depuis 3 ans avec une nette tendance à l’aggravation.

Si celles-ci débutent à peu près correctement, elles ne tiennent pas et ne permettent pas une pénétration.

Le désir est présent et l’éjaculation est possible, mais il ne constate plus d’érections le matin ou au cours de la nuit.

Sa santé est actuellement bonne avec une petite surcharge pondérale; s’il a interrompu son tabagisme, il y a 2 ans, celui-ci a existé pendant 23 ans. On note également un cholestérol un peu élevé.

Autre élément important: il présente une intolérance aux produits laitiers d’où une consommation importante de soja et de ses dérivés.

Sur le plan psychologique, il a une tendance à l’anxiété, aggravé par des difficultés relationnelles avec son ex-épouse et quelques problèmes dans son travail.

Les examens réalisés n’ont pas montré des artères sexuelles atteinte d’athérosclérose.

Quel est le diagnostic?

Dans l’état actuel des choses, s’il ne fume plus et si le taux de cholestérol est correct, nous pouvons éliminer une cause vasculaire; nous pouvons pas contre nous interroger sur une consommation excessive de soja: celui-ci contient des phyto-œstrogènes et nous savons que les œstrogènes, hormones féminines, peuvent provoquer chez l’homme des troubles de l’érection.

Quelque soit l’origine du trouble, la composante psychologique est toujours présente.

Une prescription de Viagra 50 a été réalisé et il lui a été conseillé de diminuer sa consommation de soja.

Au bout de 4 mois de traitement, il se sent mieux; il a pu avoir des rapports sexuels satisfaisants; ses érections matinales sont plus présentes.

La relation s’installant dans la durée, il opte pour le Cialis 5 à prise quotidienne, en remplacement du Viagra qui a l’avantage d’éliminer le caractère trop programmé des rapports.


ABSENCE DE LIBIDO


Madame T.H. 40 ans, vit en couple depuis 7 ans; elle a un enfant âgé à ce jour de 4 ans.

Elle vient consulter accompagnée de son compagnon pour une absence de désir sexuel.

«Je n’ai jamais été très portée sur la chose, mais depuis quelques années, cela s’aggrave et commence à poser des problèmes à mon couple. Michel est compréhensif, mais je peux comprendre qu’il attend autre chose de notre vie intime et je me sens coupable.» Il est bon de préciser qu’elle n’a jamais subi de traumatisme sexuel dans son enfance ou adolescence.

De fait la fréquence des rapports sexuels est faible: 3 à 4 par mois; ils sont assumés plus par marque d’affection ou devoir conjugal. «Ils ne sont plus douloureux depuis quelques temps comme cela était le cas depuis le début de nos rapports.» Une pénétration douloureuse est très évocatrice d’un vaginisme (contraction réflexe et involontaire de certains muscles du périnée).

«Après m’avoir sollicité et si je suis détendue et disponible, je peux accepter de faire l’amour pour lui faire plaisir et ressentir même une jouissance clitoridienne; mais je ne prends jamais d’initiative , ce qu’il me reproche d’ailleurs. Il a l’impression que je ne l’aime plus ce qui n’est pas le cas; j’éprouve toujours les mêmes sentiments pour lui. En fait je ne lui propose pas de petit câlin de peur que cela se termine par un rapport.» Elle ne souhaite pas, en effet, de pénétration car si celle-ci n’est plus douloureuse, elle ne lui provoque aucun effet et n’a aucun sens pour elle si ce n’est de satisfaire les désirs de son partenaire. Lors de l’acte sexuel, elle attend que cela se passe, l’esprit envahi par des pensées parasites comme, par exemple, les courses à faire faire le lendemain au supermarché . Au moment de sa jouissance, elle simule la même chose pour être sûr de ne pas avoir de questions indiscrètes.

«Je ne comprends pas pourquoi je suis comme cela, et je me sens anormale surtout lorsque je lis les magazines féminins. Je me sens si différentes des autres femmes!»


Lors de nos consultations, nous nous apercevons que cet absence de désir est très fréquent. cela ne veut pas dire que la femme n’a pas de désir pour son conjoint, mais qu’elle n’a simplement pas de désir sexuel; car la femme, être essentiellement cérébral ne ressent pratiquement pas de pulsion sexuelle comme c’est le cas pour l’homme. Lors d’une nouvelle relation, le désir sexuel n’est que l’expression d’un désir de séduire, de plaire, d’être reconnue; il peut être une offrande à l’être aimé comme la virginité autrefois. Plus tard, survient le désir de grossesse!

Tant que la femme n’a pas fait de son vagin un véritable instrument de communication, d’expression affective ou amoureuse comme on peut le faire de la main qui prend la main de l’être cher, elle ne peut ressentir ce désir et avoir la chance de ressentir ces plaisirs divins.

LE MONDE DE LA MALBAISE


En parler…Pour ne rien dire


On n’a jamais autant parlé de sexe, il y en a partout, les journaux, les films, la télé, le web…Cette débauche d’informations contribue à définir ce qui est « sexuellement normal » de ce qui ne l’est pas, on comprend alors que tous ces messages ne jouent aucun rôle en faveur de l’épanouissement, mais contribuent à nourrir angoisses, questions, incompréhension et frustration. L’utilitaire prend la place de l’utile, le « sexuellement correct » transmet surtout des idées fausses et des normes. Ce n’est pas en décrivant minutieusement ce qui se passe au cours d’un acte sexuel, qu’on en cerne la réalité individuelle, et encore moins celle des couples. On oublie que, pour faire l’amour, il faut être deux. Faire l’amour c’est une expérience de communication et non une sorte de masturbation à l’aide du corps de l’autre réduit à l’état d’objet. Bref, on aimerait bien de temps en temps qu’on nous prenne pour des êtres humains, complexes, pleins de contradictions, mais aussi animés à chaque instant de ce désir d’accomplissement dont la sexualité est la pièce maîtresse.

Des voix s’élèvent contre la malbouffe, serons dociles et passifs face à l’envahissement de la malbaise ?


VOUS AVEZ DIT SEXOLOGUE?

De fait, la sexologie est une discipline récente qui ne s’est structurée que depuis une dizaine d’années. Il existe deux types de sexologues: d’une part les médecins sexologues qui avant de se former à la sexologie ont fait au minimum 7 ans d’études de médecine et les psycho-sexologues diplômés en psychologie clinique.

Pour être sexologues reconnus, ils ont tous suivi une formation universitaire de 3 ans et sont titulaires d’un diplôme universitaire national pour les médecins et régional, mais bientôt national pour les non médecins.

Récemment, ce diplôme a été ouvert aux sages-femmes.

Même si un diplôme universitaire n’est pas une garantie absolue, il prévient un minimum des charlatans et autres pseudo-sexologues. Il faut donc mieux se renseigner auprès de son médecin ou de personnes de confiance et surtout ne pas se fier aux soi-disant thérapies et médicaments miracles vendus sur le net. Chaque personne étant différente, il n’existe pas de recette merveilleuse.

Si la sexologie s’occupe surtout de problèmes d’érection, d’éjaculation prématurée, d’insuffisance ou absence de désir et de plaisir, d’orgasme chez l’homme et la femme, elle s’intéresse aussi à tous les problèmes concernant le sexe et la sexualité aussi bien sur le plan physique, psychologique que relationnel, c-a-d le couple. L’obligation de résultats justifie, le plus souvent de traitements médicamenteux comme c’est souvent le cas dans les troubles de l’érection, de conseils ou de thérapies de courte durée. La psychanalyse, souvent longue et onéreuse, n’est pas, le plus souvent, adaptée à ces difficultés.

mardi 9 juin 2009

UN SEXOLOGUE EST-IL UN BON COUP?

Un sexologue est-il un bon coup? C’est ce qu’on pourrait penser et espérer!… Malheureusement et compte tenue de ce qui nous pouvons lire dans divers média, nous sommes tout à fait en droit d’en douter……Mais c’est un tabou et je vais me faire, sans doute, quelques ennemis.

Est-il possible d’évoquer le sexualité des sexologues et pourquoi en parler?

La sexologie est un domaine très particulier car par définition, elle parle de sexualité, domaine pour le moins subjectif, sensible à chacun! D’autant plus tabou qu’elle concerne ici la personne sensée savoir et soigner. Le sexologue qu’il soit médecin ou psychologue a aussi une sexualité qui quoiqu’il fasse influencera ses croyances et son discours; la neutralité n’existe pas dans ce domaine. Même dans le cadre de ce que nous nommons la médecine sexuelle où les causes organiques ou mécaniques semblent être dominantes, l’objectivité scientifique n’existe pas. Nous sommes sans aucun doute des êtres de raison mais nos représentations inconscientes, sous-jacentes sont toujours présentes. Etre de sens, la pensée abstraite n’existe pas. Cela veut dire que le sexologue projette toujours sa propre subjectivité. Ainsi la majorité des troubles sexuels ne peut être considéré comme un pathologie sur un plan médical mais plutôt comme une incompétence. On peut posséder un merveilleux instrument de musique sans être capable de savoir en jouer et d’être un bon musicien.

S’il existe des bases physiologiques à la sexualité, elles ont essentiellement pour finalité la reproduction et dans l’espèce humaine au développement d’une relation d’attachement entre la femelle et le mâle nécessaire à la survie de l’espèce!

L’érection et l’éjaculation rapides et faciles du jeune mâle étaient une nécessité à cette survie; le plaisir et l’orgasme qui s’ensuivent, gratifient l’acte et enlève toute agressivité. Quant à la femelle primitive, l’excitation provoquée par la stimulation clitoridienne a pour fonction de facilité une pénétration initialement peu agréable, voire douloureuse.

Il est ainsi étonnant de constater que ces mêmes fibres nerveuses chez une même personne soient capables de transmettre des informations douloureuses ou voluptueuses en fonction du contexte. L’analyse des mécanismes physiologiques n’est qu’une observation grossière d’un processus et ne recouvre absolument pas l’ensemble des processus mis en cause ou en action. L’organe sexuel essentiel est le cerveau «éduqué» au plaisir et à la jouissance. Cette éducation n’est pas le fruit d’un savoir mais plutôt d’une connaissance ou l’expérience de type initiatique est essentielle et fondamentale.

Le sexologue est donc lui aussi soumis à ses propres expériences qui influenceront son discours et bien sûr son attitude thérapeutique.

On peut se demander qu’elle est le vécu sexuel de certains sexologues qui affirment qu’une éjaculation n’est prématurée que lorsqu’elle survient en moins d’une minute à partir de la pénétration (nouvelle définition consensuelle de l’ISSM, international society of sexual médecine) ou bienque c’est un mécanisme non maîtrisable. Ne serions nous que des rats de laboratoires ou qu’une espèce de chimpanzé! Alors que certains hommes ont appris et ce depuis la nuit des temps (l’étreinte réservée) à maîtriser et à jouer avec la survenue de leur éjaculation et à en tirer un plaisir bien supérieur à celui donné par leur éjaculation. Ils sont sans aucun doute très précoce!!!

Que dire aussi de celles qui affirment que la jouissance vaginale n’existe pas, que la seule valable est la clitoridienne? Cette jouissance profonde que vivent certaines femmes ne serait que le résultat d’une stimulation indirecte du clitoris alors qu’elles ressentent un plaisir qui trouve sa naissance au niveau des profondeurs de leur vagin. Et que connaissant aussi l’orgasme clitoridien, elle savent parfaitement bien en faire la différence et l’apprécier bien différemment………car relationnel et non masturbatoire. N'ayant pas le mode d'emploi de leur propre sexualité, elles, mais il faut ajouter quelques "ils" en nient l'existence!

Pour autant, il ne s’agit pas de mépriser un plaisir clitoridien plus facilement accessible.

Ne pas connaître ne veut pas dire être anormale!

Il est étonnant de constater que certains sexologues nient ces vécus projetant ainsi leurs propres «incompétences» sur leurs patients. Ce qui est le plus grave et dramatique, c’est que certains considérés comme des experts véhiculent grâce à leur notoriété dans les médias leurs croyances les transformant en vérité scientifique. L’objectivité en sexologie comme dans d’autres domaines de la psychologie n’existe pas.

Existe-t-il un «bon» sexologue. Sans doute, mais ce ne peut être qu’un artiste car l’amour est un art comme l’a si bien écrit Ovide! Si la plus part d’entre nous, ne le sera jamais, on peut se contenter au moins d’être un bon artisan.


PIGEON SUR CANAPÉ


Hier vient me consulter adressée par son gynécologue une jeune femme de 24 ans: « je n’ai pas envie de faire l’amour et je me sens pas normale du tout.» Elle vit en couple depuis 4 ans et les rapports sexuels ont toujours été difficiles et douloureux. « Mon premier rapport a été difficile et très douloureux; aujourd’hui encore, j’ai parfois le vagin tout irrité et en sang après une relation. J’aime mon ami, mais j’évite autant que possible de lui en donner envie.» Cette jeune femme présente, en fait un vaginisme qui est peut être le seul et unique responsable de son absence de désir; ce qui peut se comprendre! «Je suis allé voir une autre «sexologue», psychothérapeute, non médecin qui m’a complètement découragé; elle m’a dit que ce serait très long à soigner, qu’il me faudrait plusieurs années de psychanalyse pour régler ce problème et qu’heureusement que mon vagin saignait car cela voulait dire que mon inconscient m’avertissait qu’il ne me fallait pas de rapport; elle commence par m’interroger sur la sexualité de mes parents!» « J’étais désespérée et avait peur de perdre mon ami, surtout que je devrais la voir une fois par semaine à raison de 50€ non remboursé et que de toute façon, elle était sûre de me revoir.» En effet, elle n’est pas médecin, mais il existe aussi d’excellents psychologues diplômés en sexologie. Elle va donc consulter son gynéco qui la rassure sur sa normalité et me l’adresse. En effet cette jeune femme n’a connu aucun traumatisme physique ou psychique dans son enfance ou adolescence; elle présente un vaginisme (contraction réflexe et involontaire des muscles du vagin qui va rendre la pénétration difficile voire impossible). En général 6 à 8 séances permettent de résoudre ce problème lié essentiellement à une absence d’intégration (de représentation) du vagin au niveau du schéma corporel.

LA MASTURBATION: UN PLAISIR VRAIMENT SOLITAIRE


Jusqu’à présent, il est d’usage de penser que la masturbation masculine ou féminine fasse partie de la sexualité. Si relation sexuelle ou coït et masturbation concernent le même organe, peut-on considérer que leur finalité soit identique et que le résultat soit le même en ce qui concerne le plaisir obtenu? La confusion des deux pratiques ne pourrait- elle pas être responsable de l’insatisfaction fréquente manifestée très souvent par la femme?

Il ne s’agit à aucun moment de porter un jugement moral sur telle ou telle pratique, mais d’essayer de comprendre comment la représentation consciente et inconsciente de ces deux comportements peut avoir une incidence sur le vécu de l’expérience sexuelle.

S’il est vrai que la masturbation peut s’avérer pour l’adolescent une façon de découvrir et d’apprendre son sexe, peut-on parler de sexualité qui par définition fait intervenir deux personnes de sexe différents. Qui plus est la pratique masturbatoire, individuelle, ego-centrée par essence n’a pas tout à fait le même résultat chez le garçon et chez la fille. Bien sûr, le plaisir et la résolution de tension sont présents pour tous les deux, mais l’éjaculation de l’homme signifie la fin du jeu alors que ce peut n’être qu’un début pour la femme; en effet, nous savons que le plaisir clitoridien a pour effet de préparer le vagin à la pénétration par sa lubrification et son ouverture. Stéphanie a découvert la masturbation adolescente: «Un jour au collège, j’avais 14 ans, je crois; alors que je me retenais d’aller au toilette en serrant fortement les cuisses, une sensation curieuse très agréable est partie de mon sexe; cela m’a surpris et troublé, mais fort heureusement personne de s’était aperçu de rien, malgré la rougeur de mes joues.» Stéphanie venait de découvrir, l’orgasme clitoridien par la technique du sciage qui consiste à serrer et desserrer régulièrement les cuisses croisées. «Par la suite, lorsque j’étais seule et m’ennuyais ou avais un peu de mal à m’endormir, il m’est arrivé de pratiquer cela.» En effet au moment de la jouissance, le cerveau secrète certaines substances en l’occurrence des endorphines et de la dopamine responsables d’une sensation de détente et de bien être. Il est possible, et c’est surtout vrai chez l’homme qu’il puisse se développer une dépendance ou une addiction aux effets produits par la masturbation. C’est un excellent anxiolytique, mais aux effets malheureusement transitoires, d’où le développement parfois de pratiques compulsives qui n’ont rien à voir avec une sexualité épanouie. «J’ai découvert la véritable masturbation, quelques années après plus par curiosité que par véritable intérêt; même si j’y trouvais du plaisir, j’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose.» « A 18 ans avec mon copain de l’époque dont j’étais un peu amoureuse, je décide d’avoir mon premier rapport; je n’étais pas très à l’aise et avais un peu peur de la douleur dont j’avais entendu parler. De fait, cela n’a pas été terrible, c’est le moins que l’on puisse dire.» Stéphanie bien que connaissant son anatomie, du moins dans sa partie visible, présentait en fait un petit vaginisme habituel lors des premiers rapports (ce n’est pas la déchirure d’un hymen insensible qui en est responsable, mais la contraction réflexe et involontaire de muscles situés à l’entrée du vagin). «Lors des préliminaires, ses caresses me faisaient jouir, mais lorsqu’il me pénétrait la douleur me faisait gémir, ce qu’il interprétait comme du plaisir; cela m’arrangeait bien, écourtant le rapport d’une éjaculation que je qualifierais, aujourd’hui comme précoce, mais au moins j’avais l’air d’être normale. En général, le lendemain, j’avais droit à une bonne cystite.» Nombreuses sont les jeunes femmes qui pour avoir l’air d’être normales et ne pas être rejetées par leur partenaire vont simuler un plaisir qu’elles n’ont pas et qu’elles n’avoueront que très difficilement, voire jamais ce qui biaise la grande majorité des enquêtes sur ce sujet! «J’ai bien tenté de me renseigner sur internet ou dans les magazines féminins, mais cela ressemblait plutôt à des recettes de cuisine et avait tendance à me culpabiliser. Je me sentais de plus en plus anormale, différentes des autres femmes. Par chance, il y a quelques mois, j’ai rencontré Jean dont je suis tombée amoureuse. Il a 10 ans de plus que moi et une certaine expérience dont j’étais un peu jalouse, mais c’est un véritable «artiste» de l’amour . J’ai découvert avec lui que je pouvais ne pas avoir mal au moment de la pénétration, et par ses attentions et son savoir faire, une jouissance profonde qui s’étale dans mon ventre pour remonter parfois dans tout mon corps. Fort heureusement pour moi , il contrôle parfaitement son éjaculation, ce qui me laisse tout mon temps pour jouir. Nos rapports peuvent durer ainsi 15, 20 mns 1h sans problème; c’est délicieux! Et je ne fais plus de cystite ou de mycose vaginale.» Stéphanie a découvert avec l’aide de Jean l’orgasme vaginal. « C’est très différent du plaisir que je peux avoir par la masturbation, que je ne pratique d’ailleurs presque plus sauf pour m’endormir parfois! En effet, au moment de l’orgasme vaginal, j’ai l’impression de me fondre, de me dissoudre en lui, de vivre un véritable partage. C’est merveilleux!» On constate , en effet, qu’une femme ne peut parler d’orgasme profond , vaginal, qu’à partir du moment où elle connaît les deux. Le plaisir éprouvé n’est pas décrit comme identique et n’a pas la même «valeur» sur le plan de l’affectivité, de la relation et pour cause!