Il était une fois un fabuleux outil qui nous inondait de ses lumières cosmiques et bienfaisantes. Internet, je veux dire. Malheureusement, ce bonheur radieux fait une victime : l’industrie du film pornographique. Le DVD ne se vend plus, le contenu pornographique se répand librement sur le web, et le secteur plonge. Vision cauchemardesque : Irina-au-tétons géants et Dave-le-bien-membré pointent au Pôle Emploi.
Heureusement que les têtes pensantes de l’industrie ont conçu cette invention formidable qu’est « le porno féminin ». Le concept ? Créer des films pornographiques, mais sous la caution de femmes qui vous assurent que l’ambiance y est infiniment travaillée, le plaisir authentique, et les scénarios dignes d’un Ang Lee. Bref, tout ce qui manquait aux femmes. Membres de la gente féminine : vous ne serez plus jamais exclues des joies de la masturbation canapé-vidéo-mouchoirs en papier !
Après visionnage, on constate qu’il s’agit d’abord… de porno. Sauf que, cette fois, les actrices sont moins blondes et moins chirurgicalement aidées. Ainsi, au lieu de « jeune salope suce un gros mâle dans une partie à trois », on aura « Ginette se caresse délicatement le clitoris avec l’aide de Corinne, dans l’ambiance feutrée de sa cuisine. » La différence est massive, n’est-ce pas ? Elle découle directement de la charte du film porno féminin : les femmes doivent se reconnaître. C’est crucial. Parce que les hommes, lorsqu’ils regardent des séquences porno, se reconnaissent tous en Jesus, le beau Portoricain musclé et monté comme un cheval de concours.
Rien n’est plus dommage que de rester bête devant le progrès. Le laisser passer à sa porter, comme une vache regarde filer un train. Devant cette belle innovation, essentielle au développement personnel de la femme, des actrices et des célébrités ont choisi de rejoindre le mouvement. Arielle Dombasle, par exemple. Et ça tombe bien, parce que justement les femmes s’identifient énormément à Arielle Dombasle. La compagne éthérée de BHL, celle qui déclara un jour être une femme soumise et consacre la totalité de son énergie à… plaire à BHL. (appel à témoin : en dehors de cette activité, quelqu’un sait-il ce qu’elle fait dans la vie ?) Il faut avouer qu’à force de s’adonner exclusivement à cet épanouissant destin, l’imagination doit commencer à lui manquer. Ou bien cela a-t-il un rapport avec la peur de vieillir ?
En tout cas, je tiens à citer un article du Post qui résume formidablement bien ma pensée :
« vous transformez d’un bon coup de « communication » une entreprise parfaitement putassière en ode au féminisme et à la libération des clitoris. (…) On peut difficilement faire mieux en terme de clichés, l’esthétique kitch et le plaisir féminin authentique étant les deux tartes à la crème préférées des producteurs de porno depuis la commercialisation légale du genre dans les années 70. »

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