dimanche 11 octobre 2009

JE SOUFFRE DE CANDÉLISME!





L’autre jour, un couple se présente pour la première fois dans mon cabinet. Tous deux ont une cinquantaine d’années, mais ils sont ensemble depuis peu de temps.. La raison de leur présence? Monsieur est insatisfait de madame. Installé en face de moi, il me jauge un peu et m’annonce: « Je souffre de candélisme. Vous ne savez pas de quoi il s’agit? Comme les autres médecins, bien sûr...» Voyez-vous ça. Un authentique symptôme, tout-à-fait sérieux, mais absolument inconnu de la Faculté. Manifestement, monsieur avait pris soin de se renseigner sur Internet pour transformer un simple fantasme en un trait de sa personnalité, la rendant d’autant plus complexe et intéressante à ses propres yeux. 
De fait, il ne se faisait pas beaucoup d’illusions sur ma capacité à comprendre les immenses subtilités de sa psychologie, médecin stupide et borné que je devais être.
Il m’explique donc avec mansuétude que le candélisme consiste à prendre du plaisir en regardant sa femme faire l’amour avec un autre homme. Je tente de lui expliquer: «C’est un fantasme». « Non, pas du tout » me dit-il. Et il me démontre qu’il a des besoins naturels, et qu’il doit donc les satisfaire. Reflexions faites le concept du candélisme se retrouve plus volontiers sur les sites porno et les forums échangistes que dans les questions de psychologie et de sexologies. Mais pour le moment, il était là, et il fallait bien l’écouter...
L’ennui, pour ce pauvre homme, venait de la réticence de sa femme. Elle s’était déjà prêtée quelques fois, de bonne grâce, à ce jeu, mais il en voulait toujours plus. «Il voudrait qu’on participe toutes les semaines à des soirées...» se plaignait-elle. Amoureuse de son mari, elle souhaitait lui faire plaisir. Mais ne partageant pas totalement ses « besoins», elle en avait un peu marre.
Pure mauvaise volonté, pour ce dernier. « Si, tu prenais du plaisir, je m’en rappelle très bien! » lui assenait-il, comme si elle cherchait à le nier juste pour le contrarier. En somme, il était là uniquement pour que je puisse convaincre sa femme d’obtempérer. Il était bien sûr hors de question pour moi, évidemment, de suggérer à une femme de se forcer à des pratiques sexuelles dont elle n’avait plus envie. Je me suis donc contenté d’expliquer à chacun que le sexe est une chose que l’on partage. Un don de soi réciproque, et non l’imposition tyrannique des désirs de quelqu’un qui, par un système de raisonnements pervers, cherche à prouver à sa compagne qu’il s’agit d’un droit. Je serais sorti de mon rôle, en lui conseillant de trouver un autre homme, mais ça vaudrait peut-être mieux pour elle.

3 commentaires:

  1. Avec plaisir...

    J'imagine qu'une page blog vous permet de vous exprimer librement, càd sans les contraintes du métier, du cabinet et d'une certaine tenue de réserve, d'écoute et d'acceptation de vos clients.

    Eh bien voilà, je la préfererais plus informative et réflexive cette page qui m'arrive par mail et que je suis donc invité à partager.

    La personne dont vous nous parler aujourd'hui semble manquer d'une chance de vous toucher par son, ses symptômes, manquer d'une attention bienveillante, d'un intêret pour sa personne.

    Aujourd'hui, quelques soient mes fantasmes, c'est à cette personne que je m'identifie et me retrouve un peu mal jugé.

    Mais merci de permettre la tribune et de parler sexe.

    Cordialement.

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  2. Compréhensif et tolérant sans aucun doute!
    Mais ni complice ni caution……
    Le respect doit toujours être réciproque ne pensez-vous pas?
    Merci de votre commentaire

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  3. Candélisme ou Candaulisme ?

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